La véritable histoire des contes de fées #2

livre BN

Bonjour à tous !

Vous vous souvenez peut-être de l’article où je vous parlais des contes de fées avant leur transformation par les studios Disney (autrement je vous invite à le découvrir ici). Je crois que certains parmi vous ont aimé découvrir ces « versions originales » et pour ma part, j’ai adoré mener ma petite enquête pour vous les présenter ! C’est donc parti pour un numéro deux  avec trois nouvelles histoires !

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Probablement l’un des Disney préférés des petites filles avant d’être honteusement détrôné par Elsa, l’histoire de Perrault n’a absolument rien à voir avec la douce et blonde princesse Aurore (pour info, dans les versions d’origines, les princesses n’ont souvent pas de noms). Je vous préviens, vous ne verrez plus jamais le dessin animé de la même manière.

Pour le début, c’est à peu près la même chose. Une princesse est victime d’un maléfice qui la plonge dans un sommeil de cent ans quand elle se pique le doigt le jour de ses 16 ans. Pas de fuite dans la forêt avec les fées, pas de rencontre avec le prince ni dans les bois, ni même au beau milieu d’un rêve et pas de château entièrement endormi avec elle selon les versions. Chez Disney, le prince arrive, embrasse la belle et c’est un happy end. Chez Perrault, c’est juste un tout petit peu plus trash. Accrochez-vous parce que là ça envoie du lourd.

Le prince épouse la princesse en secret et elle donne naissance à deux enfants. Pourquoi le prince n’informe pas sa famille de ces petits détails ? Et bien parce que sa mère est une ogresse ! Les années passent, et un jour le prince devient roi. Il décide alors qu’il est temps de présenter sa famille au royaume et donc à maman dont le pécher mignon est… la chair humaine ! Comme le prince est pas franchement futé, il ne trouve rien de mieux que de confier ce petit monde à maman l’ogresse pendant qu’il part guerroyer.

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Il se passe alors ce que tout le monde (à part le nouveau roi) avait vu venir, l’ogresse décide de manger ses petits-enfants. Elle demande donc à son cuisinier de lui préparer un gigot d’enfants mais comme c’est un personnage secondaire gentil, il cache le petit prince et la petite princesse et donne à la place un agneau et un chevreuil à manger à l’ogresse en assaisonnant le tout avec une bonne sauce pour qu’elle n’y voit que du feu. Mais la reine-mère découvre le subterfuge ! Furieuse, elle ordonne que sa belle-fille et ses petits-enfants soient jetés dans une fosse remplie de serpents après avoir fait griller le cuisinier (genre soirée barbecue). Le roi revient alors de guerre pile à ce moment, sauve sa femme et ses enfants pour voir sa mère se jeter dans la fosse et mourir parce qu’elle a compris qu’elle prendrait moins cher avec les serpents qu’avec son fils.

Maintenant, passons à la version hard.

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Dans une variante du conte, le prince ne réveille pas la princesse. Il fait plutôt ce que n’importe quel prince digne de ce nom ferait : il la viole (je vous avais prévenu). Il retourne ensuite chez lui et n’y pense plus. Certaines versions précisent que le mec se marie avec une autre princesse quand même ! Seulement, la belle au bois dormant accouche de deux enfants et l’un d’eux la réveille en suçant le doigt qui avait été piqué par la quenouille, ôtant ainsi le poison. Le prince apprend qu’il est papa et épouse finalement la princesse. Que fait-il de sa femme dans les versions où il est déjà marié ? Je ne sais pas, mais j’imagine qu’elle est pas trop jouasse. On retrouve alors la mère ogresse et son délire de cannibalisme.

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Même si ce n’est pas le Disney le plus connu, je vous mets au défi de trouver une personne qui n’a jamais entendu parler de Robin des Bois, le brigand qui vole les riches pour donner aux pauvres, amoureux de la belle Marianne et rival du cruel shérif de Nottingham. D’autant plus que la légende du voleur de Sherwood est sans cesse adaptée en films (on est d’accord que Kevin Costner écrase Russell Crowe), séries TV ou encore comédies musicales.

On entend pas parler de Robin Hood avant le 13ème siècle et le personnage n’est pas vraiment comme le gentil renard de Disney. En fait, Robin est même une petite enflure. Les historiens qui se sont intéressé à lui on cherché dans les registres du moyen-âge s’ils ne pouvaient pas trouver son nom quelque part. Le problème c’est que Robin (ou Robert) Hood c’est un peu le Michel Martin de l’époque, un nom plutôt répandu. Du coup, il y a pas mal de candidats ! Mais nous ce qui nous intéresse c’est Robin dans les livres !

Au moyen-âge, on trouve plusieurs poèmes chantés, les Rhymes of Robin Hood, qui nous décrivent un personnages violent qui vole aux riches pour… voler aux riches. Non, au début il ne donne pas aux pauvres parce qu’il s’en fout totalement ! Dans le poème Robin Hood and the monk, la bande de Sherwood décapite un moine et un enfant qui ont dénoncé le bandit au collant vert au shérif de Nottingham. Je peux comprendre que les mecs l’avaient mauvaise d’être trahis mais quand même ! C’est sûr que là, on est loiiiiiiin de la légende qu’on connait aujourd’hui !

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Autre différence avec notre héros Disney, Lady Marianne n’existe pas ! Du moins, pas dans les premières versions de l’histoire. C’est au 16ème siècle que les dramaturges londoniens inventent une fiancée pour le héros qui au passage devient noble (comte de Huntington si ça vous parle) au lieu d’être un simple paysan. Pourquoi ? Parce que les aventures d’un péquenaud avaient quand même moins de gueule que celles d’un noble privé de ses terres qui se bat avec sa belle contre l’injustice.

Pour ce qui est de la fin de l’histoire, la version tiré de la Gest of Robyn Hode raconte que le hors la loi, blessé dans un combat, se réfugie dans un prieuré pour y être soigné par une religieuse. Sauf qu’au lieu de le sauver, elle le saigne à mort ! Robin tire une dernière flèche par la fenêtre de sa chambre (genre le mec à l’agonie arrive encore à utiliser son arc !) et demande à son fidèle Petit Jean de l’enterrer là où la flèche se plantera. Perso, je préfère la version Disney !

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Aaah La petite sirène ! Cette rêveuse, amie d’un poisson et d’un crabe, qui tombe amoureuse d’un prince avec qui elle se marie sous un arc-en-ciel pour vivre heureuse jusqu’à la fin de ses jours… Évidemment la version d’Andersen est bien différente, en tout cas pour la fin.

La petite sirène va un jour à la surface de l’océan, après y avoir été autorisé par son père. Comme dans le Disney, elle y voit un prince sur son bateau et alors qu’une tempête fait rage, le jeune homme manque de se noyer. La petite sirène – bon appelons la Ariel – qui est trop vite tombée amoureuse, s’élance alors vers lui et en quelques coups de nageoire, ramène le prince, inconscient, vers le rivage. Ariel est malheureusement contrainte de le laisser lorsqu’elle entend des voix et qu’une jeune fille fait son apparition sur la plage. C’est bien évidement ce moment précis que choisi le prince pour ouvrir les yeux ! Il est donc persuadé que c’est cette autre fille qui lui a sauvé la vie.

Ariel retourne au fond de l’océan mais elle ne peut oublier celui qu’elle aime et va donc chez la sorcière des mers pour lui demander des jambes. Celle-ci accepte en échange de la voix de la sirène qui échoue donc à son tour sur la plage et est recueillie par le prince qui passait par là. Ah oui ! Petite précision, chaque pas que fait Ariel la fait souffrir comme si elle marchait sur des couteaux et si jamais le prince épouse une autre fille qu’elle, elle mourra en se transformant en écume (comme quoi, Ursula était pas si méchante…).

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Le prince s’attache assez vite à sa nouvelle copine qui ne peut pas lui dire que c’est elle qui l’a sauvé de la noyade jusqu’au jour où le roi ordonne à son fils de se marier avec la princesse du royaume d’à côté. Au début pas très jouasse, il répond qu’il préfère épouser la muette mais part quand même. Arrivé chez la princesse, il reconnait la fille de la plage. Celle qui ne l’a pas sauvé mais qui ne s’empresse pas non plus de corriger son erreur. Et comme c’est visiblement la tradition, il tombe immédiatement amoureux de cette usurpatrice ! Ils se marient donc et Ariel n’a plus qu’à attendre l’aube pour se changer en écume.

Mais les sœurs de celle-ci ont elles aussi passé un marché avec la sorcière pour que Ariel redevienne une sirène et ne meurt pas. Il lui suffira de planter un couteau dans le cœur du prince ! La petite sirène hésite longtemps mais décide finalement de ne pas tuer son bien-aimé et se jette dans la mer pour mourir. Donc au final, elle n’est pas « loin de la mer et pour toujours ».

C’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que vous n’êtes pas trop déçu par ces « versions originales ». Pour ma part, je fais toujours le deuil du Robin des Bois de mon enfance 😥

A très bientôt pour une nouvelle chronique !

 

La véritable histoire des contes de fées

Bonjour à tous !

Pas de chronique aujourd’hui, j’ai pris un peu de retard dans mes lectures mais encore un peu de patience et vous pourrez bientôt savourer une critique inédite ! En attendant je vous propose de découvrir (ou redécouvrir) les vraies versions des contes, c’est-à-dire celles d’avant Disney !

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Certes, certains parmi vous vont penser que ça n’a rien d’original comme article et qu’on en trouve déjà à foison sur des centaines de blog. Mais mon âme d’enfant n’a pas résisté à la tentation de vous parler d’un genre que j’affectionne tout particulièrement. Comme vous le savez certainement, Disney n’invente rien. La totalité très grande majorité des dessins animés que nous avons adoré dans notre enfance sont en fait des adaptations d’oeuvres déjà existantes (oui, même Dumbo). Comme il serait un peu long de parler de chaque Disney, je ne vous en présenterai qu’une partie aujourd’hui et si cela vous intéresse, je ferai une suite.

La Reine des neigesFAUXla-reine-des-neiges

Bon, autant s’attaquer tout de suite à la sacro-sainte Reine des neiges car je suis désolée de l’annoncer aux inconditionnels fans mais à part le fait qu’il y a une reine qui possède des pouvoirs magiques, le conte original n’a rien à voir avec le Disney !

C’est l’histoire de deux enfants, Kay et Gerda qui sont amis de longue date. Un jour, le miroir magique du diable se brise et deux morceaux atterrissent dans l’œil et le cœur de Kay. Le garçon ne voit plus que la laideur et le mauvais et son cœur devient comme un bloc de glace. Un jour, il est enlevé par… la reine des neiges qui lui enlève ses souvenirs ! Tout le monde pense que le gamin est mort mais Gerda décide de partir à sa recherche et finit par le retrouver au château de la reine. Grâce à ses larmes elle le libère de l’emprise de cette dernière et le ramène à la maison où ils s’aperçoivent qu’ils sont désormais adultes.
Donc morale de l’histoire, arrêtez de nous les briser avec Elsa ! Elle vole des enfants !

Hercule

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Petite, c’était l’un de mes Disney préférés. Je l’ai regardé des centaines de fois et j’adorais l’histoire. Puis j’ai ouvert un livre de mythologie…

Déjà, Hercule n’est pas le fils d’Héra. Son papa, Zeus, a un jour croisé Alcmène (qui était mariée à Amphitryon) … et PAF ! Ça fait un demi-dieu ! Bon je précise que Hercule à un demi-jumeau qui est le fils légitime d’Alcmène et Amphitryon et qui a été conçu la même nuit que son frère. Je prétends pas tout savoir sur la reproduction humaine mais les grecs non plus visiblement…
Héra qui apprend l’existence d’Hercule (et donc de l’énième infidélité de son divin mari) se met à détester l’enfant. Devenu adulte, le demi-dieu épouse Mégare et a trois enfants avec elle. L’histoire pourrait s’arrêter là et on serait pas si loin du dessin animé mais voilà, Héra rend fou Hercule qui va alors tuer ses fils et dans certaines versions sa femme aussi. Après bien des aventures (notamment amoureuses car il aurait juste « honoré » les cinquante filles d’un roi en une seule nuit), la dernière épouse d’Hercule envoie à son mari, sur un malentendu, une tunique empoisonnée qui le tue.
Ah quand on a pas un bon karma aussi !

Cendrillon

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Ici encore, Disney a bien embelli les choses !

Pour le début, on est d’accord. C’est l’histoire d’une enfant qui perd sa mère et son père se remarie avec une femme qui a deux filles. Mais selon les versions, le père ne meurt pas forcément après. Il participe même au malheur de sa fille ! Cendrillon est donc l’esclave de la maison parce qu’elle fait tout le travail et que tout le monde s’en fout.

Un jour, le roi organise un bal qui dure trois soirs de suite. Cendrillon négocie pour y aller mais sa marâtre refuse et son père est tellement inutile que je comprends pourquoi certaines versions ont tout simplement décidé de le faire mourir. Alors que la famille va à la fête en la laissant à la maison, Cendrillon va sur la tombe de sa mère et un oiseau lui apporte une robe et des chaussures de vair. C’est donc des escarpins en fourrure et pas des souliers sortis des ateliers Swarovski !

Sans surprise, le prince la remarque (faut dire qu’elle porte des chaussures en peau d’écureuil) et tombe amoureux mais elle s’enfuit à minuit. Le second soir du bal se passe exactement de la même manière. Mais le prince, qui est visiblement un petit malin, fait étaler de la poix sur l’escalier le troisième soir pour que Cendrillon y reste collée et ne puisse pas disparaître encore une fois. Bien sûr il ne retrouve qu’une chaussure dans les marches et se lance donc à la recherche de sa propriétaire en la faisant essayer à toutes les filles du royaume.

Les sœurs de Cendrillon tentent leur chance mais elles ont des pieds trop grands alors l’une coupe ses orteils et l’autre son talon et le prince ne s’aperçoit de rien jusqu’à ce qu’un oiseau le lui fasse remarquer (malin mais bigleux le gars)… Finalement Cendrillon essaie la pantoufle qui lui va et épouse le prince. Le jour du mariage, deux pigeons crèvent les yeux des sœurs et en plus d’être boiteuses elles finissent aveugles.

Voilà, je pourrais vous parler de bien d’autres histoires mais cet article serait beaucoup trop long. Dîtes moi donc dans les commentaires si une suite vous intéresserait et quels contes vous aimeriez revoir !

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