L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes – Karine Lambert

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vous parle d’un petit roman que j’ai bien apprécié, L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes de Karine Lambert.

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Résumé

Cinq femmes d’âges et d’univers différents cohabitent dans un immeuble parisien. Elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre. L’arrivée d’une nouvelle locataire va bousculer leur équilibre. Juliette est séduite par l’atmosphère chaleureuse de cette ruche, à un détail près : l’entrée est interdite aux hommes. Va-t-elle faire vaciller les certitudes de ses voisines ou renoncer, elle aussi ?
Ce roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Ce que j’en ai pensé

C’est un roman assez court qui se lit rapidement puisqu’il ne compte que 200 pages environ, et pour le coup j’aurais bien aimé en avoir plus à lire !

Déjà, j’ai bien aimé le thème de base, parfaitement résumé par le titre, L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes. Contrairement à ce à quoi qu’on pourrait s’attendre, les locataires d’un tel immeuble ne sont pas toutes des femmes d’un certain age qui forment un genre de « club des vieilles à chats ». Nous faisons donc connaissance avec La Reine, propriétaire de l’immeuble, ancienne danseuse étoile qui revit seule sa gloire passée, Simone, qui vit avec son chat Jean-Pierre, Giusepina, sicilienne refusant l’autorité masculine de sa famille très traditionnelle ou encore Rosalie, prof de yoga hantée par le souvenir de l’homme qui l’a abandonné. C’est l’arrivée de Juliette qui va chambouler leur petit train-train, elle qui malgré ses blessures n’est pas décidé à renoncer à l’amour.

J’avais peur que l’intrigue soit centrée essentiellement sur cette dernière locataire mais je me suis rendu compte avec plaisir que chaque chapitre se concentre tour à tour sur l’une de ces cinq femmes, explorant ainsi leur passé et les raisons pour lesquelles elles se sont réfugié derrière les grilles de La Casa Celestina. J’ai aimé voir le point de vue de chacune d’elles sur l’amour, la vie de couple ou le célibat, voir la différence qui existe entre les vies qu’elles avaient souhaité et celles qu’elles vivent ou encore le fait qu’elles se moquent des ragots de quartier les concernant. De même, on suit au fil des pages leurs convictions qui s’accrochent, leurs résolutions qui vacillent, leurs doutes qui surgissent pour les obliger à remettre ce mode de vie en question et se demander si l’amour est définitivement une cause perdue pour elles.

Je regrette seulement que l’histoire soit trop courte et par conséquent  certains aspect des personnages pas assez développés et la fin un peu trop « facile ». J’ai l’impression que plusieurs des problématiques rencontrées par les femmes de l’immeuble restent en suspens et sans réponse, ce que je trouve dommage. Mais pour un premier roman, Karine Lambert a quand même réussi à nous offrir un livre bien sympathique.

Premières lignes

« Les passagers du vol 542 pour Bombay sont attendus à l’embarquement porte 7. Dernier appel. »
La phrase que les quatre amies redoutaient, celles qui reste à Paris entourent fébrilement la voyageuse.
– Tu as ton passeport, ma poule ?
– Oui, ma Simone.
– J’ai mis des amandes dans la poche de ton sac à dos, murmure Rosalie.
– Tu es un ange. Avec ça je suis sûre de tenir le coup si les hôtesses font le grève des plateaux-repas.
Elles sont arrivées beaucoup trop tôt, ont bu plusieurs cafés, n’ont touché ni aux croissants ni aux chouquettes, ont parlé de broutilles en tout genre, puis se sont tues. Et c’est au moment de se quitter que leur sont venues mille choses essentielles à dire.

L’Attrape-coeurs – J.D. Salinger

Bonjour à tous !

Pour commencer, je vous remercie de votre patience car ma dernière chronique remonte à plusieurs semaines maintenant. Le mois de mai n’ayant pas été le meilleur de mon année, je n’avais vraiment pas la tête à lire et m’occuper du blog par conséquent j’ai préféré attendre que la motivation revienne plutôt que de faire une chronique bâclée et sans plaisir. Je reprends donc ma plume pour vous parler aujourd’hui de L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger !

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Résumé

L’Attrape-cœurs est l’histoire d’une fugue, celle d’un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n’ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d’aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d’incertitude et d’anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L’histoire éternelle d’un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.

Ce que j’en ai pensé

Je suis assez partagée en ce qui concerne ce livre. J’ai aimé le découvrir mais je ne le mettrai pas dans la liste de mes coups de cœur. La première chose qui frappe quand on commence sa lecture, c’est l’écriture. La narration est à la première personne puisque c’est le protagoniste qui nous raconte son histoire et il le fait de manière très orale en s’adressant directement à toi, lecteur. Je le compte comme un plus parce que même si c’est une forme dont on a moins l’habitude on est tout de suite connecté au personnage.

Holden, l’adolescent fugueur dont le nom m’a fait penser au kit de fajitas qu’on achète en supermarché (je suis tombé bien bas), est un personnage assez difficile à cerner. Il passe d’une émotion à son contraire en un temps record en étant toujours très sincère sur ce qu’il éprouve. N’importe qui ayant été adolescent se reconnait un peu en lui pour son côté dramatique, le fait qu’il soit convaincu d’avoir raison sur tout et qu’il imagine des solutions délirantes (comme disparaître à l’autre bout du monde) pour des problèmes qui ne sont pas aussi grave qu’il le pense. En fait, Holden est un garçon assez extrême dans son attitude, c’est un ado qui joue à l’adulte.

Le roman étant celui d’un gamin qui erre sans but dans les rues de New-York, il n’y a vraiment que quelques péripéties importantes dans l’intrigue, le plus gros du roman consiste à suivre les pensées du personnage qui médite sur différents sujets ou raconte des souvenirs marquants de son enfance, comme son frère Allie qu’il adorait, sa voisine et amie d’enfance avec qui il jouait aux dames ou encore d’anciens camarades de classe.

Le gros point négatif pour moi, parce que c’est une chose que je déteste dans les romans, ce sont les digressions. Et Holden fait beaucoup de digressions ! Ce qui est amusant d’ailleurs, c’est que l’adolescent parle justement de son incapacité à ne pas dériver sur un autre sujet pendant une conversation avec l’un de ses professeurs qui a l’air de détester ça au moins autant que moi.

En bref, je ne peux pas vraiment dire si j’ai aimé ou non ce livre. Il ne correspond pas à ce que j’ai l’habitude de lire et d’apprécier et même si c’est important selon moi de sortir de sa zone de confort par moment, je n’ai pas adhéré à cette œuvre qui rencontre pourtant un grand succès depuis sa publication dans les années 50.

Premières lignes

Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement la première chose que vous allez demander c’est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé, ma saloperie d’enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m’avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j’ai pas envie de raconter ça et tout. Primo, ce genre de trucs ça me rase et secundo mes parents ils auraient chacun une attaque, ou même deux chacun, si je me mettais à baratiner sur leur compte quelque chose d’un peu personnel.

La véritable histoire des contes de fées #2

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Bonjour à tous !

Vous vous souvenez peut-être de l’article où je vous parlais des contes de fées avant leur transformation par les studios Disney (autrement je vous invite à le découvrir ici). Je crois que certains parmi vous ont aimé découvrir ces « versions originales » et pour ma part, j’ai adoré mener ma petite enquête pour vous les présenter ! C’est donc parti pour un numéro deux  avec trois nouvelles histoires !

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Probablement l’un des Disney préférés des petites filles avant d’être honteusement détrôné par Elsa, l’histoire de Perrault n’a absolument rien à voir avec la douce et blonde princesse Aurore (pour info, dans les versions d’origines, les princesses n’ont souvent pas de noms). Je vous préviens, vous ne verrez plus jamais le dessin animé de la même manière.

Pour le début, c’est à peu près la même chose. Une princesse est victime d’un maléfice qui la plonge dans un sommeil de cent ans quand elle se pique le doigt le jour de ses 16 ans. Pas de fuite dans la forêt avec les fées, pas de rencontre avec le prince ni dans les bois, ni même au beau milieu d’un rêve et pas de château entièrement endormi avec elle selon les versions. Chez Disney, le prince arrive, embrasse la belle et c’est un happy end. Chez Perrault, c’est juste un tout petit peu plus trash. Accrochez-vous parce que là ça envoie du lourd.

Le prince épouse la princesse en secret et elle donne naissance à deux enfants. Pourquoi le prince n’informe pas sa famille de ces petits détails ? Et bien parce que sa mère est une ogresse ! Les années passent, et un jour le prince devient roi. Il décide alors qu’il est temps de présenter sa famille au royaume et donc à maman dont le pécher mignon est… la chair humaine ! Comme le prince est pas franchement futé, il ne trouve rien de mieux que de confier ce petit monde à maman l’ogresse pendant qu’il part guerroyer.

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Il se passe alors ce que tout le monde (à part le nouveau roi) avait vu venir, l’ogresse décide de manger ses petits-enfants. Elle demande donc à son cuisinier de lui préparer un gigot d’enfants mais comme c’est un personnage secondaire gentil, il cache le petit prince et la petite princesse et donne à la place un agneau et un chevreuil à manger à l’ogresse en assaisonnant le tout avec une bonne sauce pour qu’elle n’y voit que du feu. Mais la reine-mère découvre le subterfuge ! Furieuse, elle ordonne que sa belle-fille et ses petits-enfants soient jetés dans une fosse remplie de serpents après avoir fait griller le cuisinier (genre soirée barbecue). Le roi revient alors de guerre pile à ce moment, sauve sa femme et ses enfants pour voir sa mère se jeter dans la fosse et mourir parce qu’elle a compris qu’elle prendrait moins cher avec les serpents qu’avec son fils.

Maintenant, passons à la version hard.

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Dans une variante du conte, le prince ne réveille pas la princesse. Il fait plutôt ce que n’importe quel prince digne de ce nom ferait : il la viole (je vous avais prévenu). Il retourne ensuite chez lui et n’y pense plus. Certaines versions précisent que le mec se marie avec une autre princesse quand même ! Seulement, la belle au bois dormant accouche de deux enfants et l’un d’eux la réveille en suçant le doigt qui avait été piqué par la quenouille, ôtant ainsi le poison. Le prince apprend qu’il est papa et épouse finalement la princesse. Que fait-il de sa femme dans les versions où il est déjà marié ? Je ne sais pas, mais j’imagine qu’elle est pas trop jouasse. On retrouve alors la mère ogresse et son délire de cannibalisme.

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Même si ce n’est pas le Disney le plus connu, je vous mets au défi de trouver une personne qui n’a jamais entendu parler de Robin des Bois, le brigand qui vole les riches pour donner aux pauvres, amoureux de la belle Marianne et rival du cruel shérif de Nottingham. D’autant plus que la légende du voleur de Sherwood est sans cesse adaptée en films (on est d’accord que Kevin Costner écrase Russell Crowe), séries TV ou encore comédies musicales.

On entend pas parler de Robin Hood avant le 13ème siècle et le personnage n’est pas vraiment comme le gentil renard de Disney. En fait, Robin est même une petite enflure. Les historiens qui se sont intéressé à lui on cherché dans les registres du moyen-âge s’ils ne pouvaient pas trouver son nom quelque part. Le problème c’est que Robin (ou Robert) Hood c’est un peu le Michel Martin de l’époque, un nom plutôt répandu. Du coup, il y a pas mal de candidats ! Mais nous ce qui nous intéresse c’est Robin dans les livres !

Au moyen-âge, on trouve plusieurs poèmes chantés, les Rhymes of Robin Hood, qui nous décrivent un personnages violent qui vole aux riches pour… voler aux riches. Non, au début il ne donne pas aux pauvres parce qu’il s’en fout totalement ! Dans le poème Robin Hood and the monk, la bande de Sherwood décapite un moine et un enfant qui ont dénoncé le bandit au collant vert au shérif de Nottingham. Je peux comprendre que les mecs l’avaient mauvaise d’être trahis mais quand même ! C’est sûr que là, on est loiiiiiiin de la légende qu’on connait aujourd’hui !

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Autre différence avec notre héros Disney, Lady Marianne n’existe pas ! Du moins, pas dans les premières versions de l’histoire. C’est au 16ème siècle que les dramaturges londoniens inventent une fiancée pour le héros qui au passage devient noble (comte de Huntington si ça vous parle) au lieu d’être un simple paysan. Pourquoi ? Parce que les aventures d’un péquenaud avaient quand même moins de gueule que celles d’un noble privé de ses terres qui se bat avec sa belle contre l’injustice.

Pour ce qui est de la fin de l’histoire, la version tiré de la Gest of Robyn Hode raconte que le hors la loi, blessé dans un combat, se réfugie dans un prieuré pour y être soigné par une religieuse. Sauf qu’au lieu de le sauver, elle le saigne à mort ! Robin tire une dernière flèche par la fenêtre de sa chambre (genre le mec à l’agonie arrive encore à utiliser son arc !) et demande à son fidèle Petit Jean de l’enterrer là où la flèche se plantera. Perso, je préfère la version Disney !

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Aaah La petite sirène ! Cette rêveuse, amie d’un poisson et d’un crabe, qui tombe amoureuse d’un prince avec qui elle se marie sous un arc-en-ciel pour vivre heureuse jusqu’à la fin de ses jours… Évidemment la version d’Andersen est bien différente, en tout cas pour la fin.

La petite sirène va un jour à la surface de l’océan, après y avoir été autorisé par son père. Comme dans le Disney, elle y voit un prince sur son bateau et alors qu’une tempête fait rage, le jeune homme manque de se noyer. La petite sirène – bon appelons la Ariel – qui est trop vite tombée amoureuse, s’élance alors vers lui et en quelques coups de nageoire, ramène le prince, inconscient, vers le rivage. Ariel est malheureusement contrainte de le laisser lorsqu’elle entend des voix et qu’une jeune fille fait son apparition sur la plage. C’est bien évidement ce moment précis que choisi le prince pour ouvrir les yeux ! Il est donc persuadé que c’est cette autre fille qui lui a sauvé la vie.

Ariel retourne au fond de l’océan mais elle ne peut oublier celui qu’elle aime et va donc chez la sorcière des mers pour lui demander des jambes. Celle-ci accepte en échange de la voix de la sirène qui échoue donc à son tour sur la plage et est recueillie par le prince qui passait par là. Ah oui ! Petite précision, chaque pas que fait Ariel la fait souffrir comme si elle marchait sur des couteaux et si jamais le prince épouse une autre fille qu’elle, elle mourra en se transformant en écume (comme quoi, Ursula était pas si méchante…).

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Le prince s’attache assez vite à sa nouvelle copine qui ne peut pas lui dire que c’est elle qui l’a sauvé de la noyade jusqu’au jour où le roi ordonne à son fils de se marier avec la princesse du royaume d’à côté. Au début pas très jouasse, il répond qu’il préfère épouser la muette mais part quand même. Arrivé chez la princesse, il reconnait la fille de la plage. Celle qui ne l’a pas sauvé mais qui ne s’empresse pas non plus de corriger son erreur. Et comme c’est visiblement la tradition, il tombe immédiatement amoureux de cette usurpatrice ! Ils se marient donc et Ariel n’a plus qu’à attendre l’aube pour se changer en écume.

Mais les sœurs de celle-ci ont elles aussi passé un marché avec la sorcière pour que Ariel redevienne une sirène et ne meurt pas. Il lui suffira de planter un couteau dans le cœur du prince ! La petite sirène hésite longtemps mais décide finalement de ne pas tuer son bien-aimé et se jette dans la mer pour mourir. Donc au final, elle n’est pas « loin de la mer et pour toujours ».

C’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que vous n’êtes pas trop déçu par ces « versions originales ». Pour ma part, je fais toujours le deuil du Robin des Bois de mon enfance 😥

A très bientôt pour une nouvelle chronique !